L'histoire de 'Like a Virgin' de Madonna
Sur le site de l'INA - une vidéo où je parlais d'Internet sur France 2 en mai 1995

Une interview sur les Google Glass

Temp

Le magazine en ligne Atlantico m'a interviewé sur les Google Glass... Quel est leur impact sur la vie privée ? J'ai surtout voulu faire remarquer que Babak Parviz, le chef du projet ambitionnait initialement de créer des lentilles de Réalité Augmentée. Et oui !...

Dans sa liste des choses "à faire et à ne pas faire" avec des Google glasses, le géant du web donne aux "expérimentateurs" des conseils qui pourraient relever de l'évidence : ne pas s'énerver lorsque les gens posent des questions sur lesdites lunettes, les enlever au restaurant, demander l'autorisation des personnes avant de les prendre en photo… Ces indications sont-elles l'émanation d'une volonté plus profonde de Google d'accompagner constamment nos vies, de s'y introduire ?

Daniel Ichbiah : Pour ce qui est des conseils donnés par Google sur l'usage des Google glasses, il fait savoir que la firme marche sur des œufs. Car si on va au bout de la logique, il s'agit d'une intrusion extrême dans la vie privée des gens, qu'il s'agisse de ceux qui les qui les portent ou de ceux qui les croisent. Porter des Google glasses, cela revient à exposer en permanence sa vie privée. Un jour, des applications de reconnaissance des visages se développeront, et elles se vendront comme des petits pains. Une consultation peut ainsi être lancée sur les personnes croisées ; on saura leur nom, leurs goûts, leurs habitudes de consommation… C'est pourquoi les porteurs de Google glasses vont susciter une très forte méfiance.  Comme Google a conscience de cela, l'entreprise se montre très prudente.

Il faut aussi savoir une chose sur Babak Parviz, le chef de projet des Google glasses : je l'avais interviewé en 2009 lorsqu'il était à l'université de Washington, époque à laquelle il travaillait sur un projet de lentilles connectées. Il aurait peut-être pu les développer dès aujourd'hui, mais il y a fort à parier que Google a calmé ses ardeurs, pour d'abord passer par les Google glasses. Car une fois que les gens porteront des lentilles virtuelles, plus personne ne pourra savoir qui peut les espionner ou non. Google avance donc avec prudence, d'autant qu'à une époque Gmail a suscité un tollé, tout comme Google Street View. Il est même étonnant que les Google glasses ne choquent pas davantage.

Les indications données dans cette notice ne peuvent cacher le fait que Google sait très bien les problèmes que posent les Google glasses, notamment au niveau des photos. C'est pourquoi je dis qu'ils marchent sur des œufs. La société est sur la sellette dans beaucoup de pays d'Europe, mais pas que : en Inde elle a été condamnée à 5 milliards d'euros d'amende pour violation de la vie privée. Les procès sont multiples au travers du monde. Bien que les dirigeants déclarent qu'ils n'affichent pas de publicités sur leurs lunettes, ils n'en ont pas besoin ; il suffit que vos habitudes soient connues pour vous orienter vers certains produits en ensuite empocher une commission.

De quelle manière la généralisation des Google glasses pourrait-elle changer les relations entre les personnes ? Pourquoi ?

Toute personne qui pourrait avoir un intérêt financier lors d'une rencontre avec quelqu'une trouverait dans les Google glasses une manne d'informations en temps réel. Beaucoup de gens filmeront, aussi, tout en sachant que la vidéo sera stockée sur un serveur dans un endroit inconnu. Le souci est là, et je pense que la gêne sur la vie privée sera telle que le lancement devrait être houleux.


Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/bienseance-selon-google-cette-terrifiante-vision-monde-qui-transpire-mode-emploi-officiel-google-glasses-daniel-ichbiah-1009286.html#1GqGQPjY2GljjbZg.99

Atlantico : Dans sa liste des choses "à faire et à ne pas faire" avec des Google glasses, le géant du web donne aux "expérimentateurs" des conseils qui pourraient relever de l'évidence : ne pas s'énerver lorsque les gens posent des questions sur lesdites lunettes, les enlever au restaurant, demander l'autorisation des personnes avant de les prendre en photo… Ces indications sont-elles l'émanation d'une volonté plus profonde de Google d'accompagner constamment nos vies, de s'y introduire ?

Daniel Ichbiah : Pour ce qui est des conseils donnés par Google sur l'usage des Google glasses, il fait savoir que la firme marche sur des œufs. Car si on va au bout de la logique, il s'agit d'une intrusion extrême dans la vie privée des gens, qu'il s'agisse de ceux qui les qui les portent ou de ceux qui les croisent. Porter des Google glasses, cela revient à exposer en permanence sa vie privée. Très vire, des applications de reconnaissance des visages vont se développer, et elles se vendront comme des petits pains. Une consultation pourra ainsi être lancée sur les personnes croisées ; on saura leur nom, leurs goûts, leurs habitudes de consommation… C'est pourquoi les porteurs de Google glasses vont susciter une très forte méfiance.  Comme Google a conscience de cela, l'entreprise se montre très prudente.

Il faut aussi savoir une chose sur Babak Parviz, le chef de projet des Google glasses : je l'avais interviewé en 2009 lorsqu'il était à l'université de Washington, époque à laquelle il travaillait sur un projet de lentilles connectées. Il aurait peut-être pu les développer dès aujourd'hui, mais il y a fort à parier que Google a calmé ses ardeurs, pour d'abord passer par les Google glasses. Car une fois que les gens porteront des lentilles virtuelles, plus personne ne pourra savoir qui peut les espionner ou non. Google avance donc avec prudence, d'autant qu'à une époque Gmail a suscité un tollé, tout comme Google Street View. Il est même étonnant que les Google glasses ne choquent pas davantage.

Les indications données dans cette notice ne peuvent cacher le fait que Google sait très bien les problèmes que posent les Google glasses, notamment au niveau des photos. C'est pourquoi je dis qu'ils marchent sur des œufs. La société est sur la sellette dans beaucoup de pays d'Europe, mais pas que : en Inde elle a été condamnée à 5 milliards d'euros d'amende pour violation de la vie privée. Les procès sont multiples au travers du monde. Bien que les dirigeants déclarent qu'ils n'affichent pas de publicités sur leurs lunettes, ils n'en ont pas besoin ; il suffit que vos habitudes soient connues pour vous orienter vers certains produits en ensuite empocher une commission.

De quelle manière la généralisation des Google glasses pourrait-elle changer les relations entre les personnes ? Pourquoi ?

Toute personne qui pourrait avoir un intérêt financier lors d'une rencontre avec quelqu'une trouverait dans les Google glasses une manne d'informations en temps réel. Beaucoup de gens filmeront, aussi, tout en sachant que la vidéo sera stockée sur un serveur dans un endroit inconnu. Le souci est là, et je pense que la gêne sur la vie privée sera telle que le lancement devrait être houleux.


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Voici la reproduction de l'interview :

Dans sa liste des choses "à faire et à ne pas faire" avec des Google glasses, le géant du web donne aux "expérimentateurs" des conseils qui pourraient relever de l'évidence : ne pas s'énerver lorsque les gens posent des questions sur lesdites lunettes, les enlever au restaurant, demander l'autorisation des personnes avant de les prendre en photo… Ces indications sont-elles l'émanation d'une volonté plus profonde de Google d'accompagner constamment nos vies, de s'y introduire ?

 Daniel Ichbiah : Pour ce qui est des conseils donnés par Google sur l'usage des Google glasses, il fait savoir que la firme marche sur des œufs. Car si on va au bout de la logique, il s'agit d'une intrusion extrême dans la vie privée des gens, qu'il s'agisse de ceux qui les qui les portent ou de ceux qui les croisent. Porter des Google glasses, cela revient à exposer en permanence sa vie privée. Très vite, les applications de reconnaissance des visage vont se généraliser et elles se vendront comme des petits pains. Une consultation pourra ainsi être discrètement lancée sur les personnes croisées ; on saura leur nom, leurs goûts, leurs habitudes de consommation… C'est pourquoi les porteurs de Google glasses vont susciter une très forte méfiance.  Comme Google a conscience de cela, l'entreprise se montre très prudente.

 Il faut aussi savoir une chose sur Babak Parviz, le chef de projet des Google glasses : je l'avais interviewé en 2009 lorsqu'il était à l'université de Washington, époque à laquelle il travaillait sur un projet de lentilles connectées. Il aurait peut-être pu les développer dès aujourd'hui, mais il y a fort à parier que Google a calmé ses ardeurs, pour d'abord passer par les Google glasses. Car une fois que les gens porteront des lentilles virtuelles, plus personne ne pourra savoir qui peut les espionner ou non. Google avance donc avec prudence, d'autant qu'à une époque Gmail a suscité un tollé, tout comme Google Street View. Il est même étonnant que les Google glasses ne choquent pas davantage.

 Les indications données dans cette notice ne peuvent cacher le fait que Google sait très bien les problèmes que posent les Google glasses, notamment au niveau des photos. C'est pourquoi je dis qu'ils marchent sur des œufs. La société est sur la sellette dans beaucoup de pays d'Europe, mais pas que : en Inde elle a été condamnée à 5 milliards d'euros d'amende pour violation de la vie privée. Les procès sont multiples au travers du monde. Bien que les dirigeants déclarent qu'ils n'affichent pas de publicités sur leurs lunettes, ils n'en ont pas besoin ; il suffit que vos habitudes soient connues pour que les Google Glass puissent vous orienter vers certains produits vendus dans le quartier où vous vous trouver - correspondant à ce que vous aimez. Google pourra ensuite empocher une commission dans la boutique où vous vous rendrez.

De quelle manière la généralisation des Google glasses pourrait-elle changer les relations entre les personnes ? Pourquoi ?

 Toute personne qui pourrait avoir un intérêt commercial lors d'une rencontre avec quelqu'un disposera, avec les Google glasses une manne d'informations en temps réel. Beaucoup de gens filmeront ce qu'il voit. Or, la vidéo sera stockée par Google sur un serveur dans un endroit inconnu. Le souci est là, et je pense que la gêne sur la vie privée sera telle que le lancement devrait être houleux.

 Une porteuse de Google glasses a  récemment été agressée dans un bar. Une prise de conscience - parfois violente, certes - est-elle en train de voir le jour ?

Les réactions suscitées par la rencontre avec des porteurs de Google glasses sont encore trop méconnues. Je ne sais pas moi-même comment je réagirais. Peut-être demanderais-je au journaliste qui m'interroge de les enlever avant de commencer. Mais ce qui fait bien plus peur, c'est le projet de lentilles connectées, qui arriveront de toute façon un jour.

 Au final, quelle est la société rêvée de Google ? Les Google glasses y jouent-elles un rôle central ?

 Si on veut comprendre Google, il faut savoir que c'est pour l'essentiel une agence de vente de publicité. Google, via les mots-clés, est là pour vendre de la publicité, et rien d'autre. Avec les Google glasses, on peut imaginer que l'appareil nous indiquera différentes adresses en fonction de ce que nous regardons, ce que nous aimons, où se trouvent les prix les plus bas… On pourrait aussi imaginer un système de reconnaissance fonctionnant comme ceci : la Google Glass identifie la vitrine que nous sommes en train de regarder, et nous informe qu'il y a des articles similaires moins chers, en promotion en face ou dans une boutique située à 300 mètres de là… Les applications sont infinies. C'est ça, le but des Google glasses, nous amener à nous rendre dans des enseignes réelles, pour récupérer une commission au passage.

 

L'article se trouve ici : Interview de Daniel Ichbiah sur Atlantico

 

ions suscitées par la rencontre avec des porteurs de Google glasses sont encore trop méconnues. Je ne sais pas moi-même comment je réagirais. Peut-être demanderais-je au journaliste qui m'interroge de les enlever avant de commencer. Mais ce qui fait bien plus peur, c'est le projet de lentilles connectées, qui arriveront de toute façon un jour.

Au final, quelle est la société rêvée de Google ? Les Google glasses y jouent-elles un rôle central ?

Si on veut comprendre Google, il faut savoir que c'est pour l'essentiel une agence de vente de publicité. Google, via les mots-clés, est là pour vendre de la publicité, et rien d'autre. Avec les Google glasses, on peut imaginer que l'appareil nous indiquera différentes adresses en fonction de ce que nous recherchons, où se trouvent les prix les plus bas… Ou encore, un système de reconnaissance pourrait identifier le flanc que nous sommes en train de regarder, pour nous informer qu'il y en a de moins chers en face… Les applications sont infinies. C'est ça, le but des Google glasses, nous amener à nous rendre dans des enseignes réelles, pour récupérer une commission au passage.


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