Le Monde m'a interviewé sur l'histoire de Tetris

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TetrisS'il est une histoire rocambolesque, c'est bien celle du jeu Tetris, né à Moscou en 1984 avant de conquérir la planète.

William Audureau, un (grand) auteur de livre sur l'Histoire des jeux vidéo a consacré un article à la retraite dorée dont profitent aujourd'hui Alexey Pajintov et son compère Henk Rogers, depuis qu'ils ont récupéré les droits de Tetris en 1996 - il a tout de même fallu attendre 10 ans avant qu'ils ne puissent en bénéficier, car durant cette première période, c'est l'état Russe qui a empoché en solo les titanesques profits tirés du jeu.

J'ai raconté cette histoire incroyable dans un livre dédié à l'histoire de Tétris et réalisé à partir de deux journées au cours desquelles Alexey Pajitnov est revenu sur l'épopée qu'il avait vécue.

L'article de William Audureau sur Tetris s'inscrit dans une série que le Monde publie durant l'été 2019 consacré au jeu vidéo soviétique : « Le bloc de l’Est à fond les manettes », une série en 6 épisodes

Sur le site de Le Monde, il se trouve à cette adresse :

https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/03/la-retraite-doree-de-tetris-jeu-video-sovietique-converti-au-capitalisme

Sur le site du journal, seul le début est accessible, l'article étant réservé aux abonnés. Voici cependant la version intégrale ici.

La retraite dorée de « Tetris », jeu vidéo soviétique converti au capitalisme

Par William Audureau

 

Le bloc de l’Est à fond les manettes (6/6). En 1984, Alexey Pajitnov créait le célèbre casse-tête dans un laboratoire national russe.

« Quand vous possédez une propriété intellectuelle, il faut la défendre contre ceux qui la transgressent. » C’est simple et direct. Henk Rogers est le cogérant des droits du célèbre jeu Tetris, et il assume sa raideur. En 2001, la Tetris Holding, société installée dans le Nevada, menace de poursuites un jeu trop similaire ; en 2007, elle attaque un site baptisé Tetris.us ; en 2012, elle poursuit les développeurs de Mino, une application clonant son concept. Défendre farouchement son droit de propriété est courant dans l’industrie du jeu vidéo, mais la Tetris Holding en a fait plus qu’une spécialité, un fonds de commerce.

Le siège de la société est un banal bâtiment de deux étages planté dans la banlieue de Las Vegas, sans la moindre enseigne. Sur LinkedIn, elle ne compte aucun employé. Elle refuse par ailleurs de communiquer ses effectifs comme son chiffre d’affaires. A la place, des chiffres génériques : 35 millions de jeux sur Game Boy, des utilisateurs dans 253 pays, plus d’un demi-milliard de téléchargements sur mobile…

« C’est un peu comme Apple Records avec les Beatles, compare Daniel Ichbiah, auteur d’Alexey Pajitnov : L’incroyable histoire du créateur de Tetris (Pix’n Love, 2016). Ils gèrent les droits et ne sortent rien d’autre, ils vivent sur un pactole. C’est leur tiroir-caisse. »

Né dans l’indifférence d’un laboratoire soviétique

Tetris porte un paradoxe : ce pur produit de l’époque soviétique est devenu la machine la plus capitaliste de l’industrie. Car avant de devenir le succès planétaire que l’on sait, Tetris est conçu dans la plus grande discrétion, au milieu des années 1980, à l’Académie des sciences de Moscou. Dans ce temple de la recherche soviétique, Alexey Pajitnov, un ingénieur âgé de 29 ans, féru de puzzles, bidouille à ses heures perdues une version informatique des pentaminos – jeu de réflexion d’assemblage de figures géométriques constituées de cinq carrés collés les uns aux autres.

Dans l’indifférence totale, il simplifie son logiciel en remplaçant les pentaminos par des tétraminos (quatre carrés), ajoute une fonction de génération aléatoire des pièces, encode la disparition des lignes formées par les blocs. La magie opère : le jeu plaît. Aidé de deux jeunes programmeurs, il l’adapte sur IBM PC. Tetris commence alors à circuler de manière informelle à Moscou, puis dans les grandes villes du bloc de l’Est.

C’est en Hongrie, à l’Institut de coordination des nouvelles technologies, que l’homme d’affaires Robert Stein fait sa découverte en 1986. « M. Stein a été tellement impressionné par le jeu, qui était graphiquement minimaliste mais d’une conception algorithmique sophistiquée, qu’il est remonté jusqu’à ses auteurs à Moscou »relate le New York Times en 1988. Il exporte les droits du jeu au Royaume-Uni. La carrière commerciale de Tetris est lancée, et les imbroglios avec elle.

Le plus grand succès commercial des années Gorbatchev

Depuis l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev, en 1985, l’URSS s’est lancée dans une double politique de libéralisation, politique et économique. « Ce qui est intéressant, c’est que Tetris matérialise le passage du communisme à l’économie de marché. Son histoire épouse celle de la perestroïka et de la glasnost. Un des acteurs de cette aventure me disait que sans Gorbatchev, Pajitnov aurait fini en prison », sourit Daniel Ichbiah.

La première version occidentale de « Tetris », signée de l’entreprise anglaise MirrorSoft, filiale du « Daily Mirror ». MIRRORSOFT

La commercialisation du jeu est prise en charge par Elorg, une agence gouvernementale gérant l’exportation des produits soviétiques. Improvisant avec leur faible culture du droit du commerce anglo-saxon, ses responsables, Sasha Alexeyenko puis Nikolai Belikov, se retrouvent à négocier avec de multiples acteurs anglais, américains ou encore japonais – chacun réclamant sa part du gâteau. « C’est l’époque où les Russes veulent faire du commerce avec les Etats-Unis, et ils apprennent extrêmement vite », souligne Daniel Ichbiah.

Un jeu pour renverser les préjugés de la guerre froide

Tetris devient autant un enjeu commercial qu’un outil de soft power, dans un contexte où l’URSS fait l’objet de stéréotypes accablants dans les productions occidentales. « Même si certains thèmes étaient plus ou moins bénins – vodka, bortsch, paysages russes enneigés – d’autres reflétaient des anxiétés culturelles profondément ancrées sur le lavage de cerveau et le contrôle de l’esprit, l’idéologie communiste comme menace du style de vie américain, et la perspective d’une guerre nucléaire », relève Dana Plank-Blasko dans une étude baptisée « From Russia with Fun !’: Tetris, Korobeiniki and the ludic Soviet ».

Avant « Tetris », les Russes étaient souvent caricaturés dans les jeux vidéo comme étant rustres et alcooliques, comme ici dans Super Punch-Out!!. NINTENDO

Le jeu vidéo devient dans les années 1980 le vecteur privilégié des stéréotypes sur le Russe musculeux et alcoolique – ainsi dans Super Punch-Out !! et Street Fighter II. Et le terrain d’expression le plus fertile des tensions entre les deux blocs – comme dans Missile Command, Communist Mutants From SpaceRaid over MoscowBalance of Power ou encore East vs. West.

Tetris, au contraire, chante la grandeur du peuple russe. Mirrorsoft, Atari, Spectrum Holobyte puis Nintendo, ses premiers éditeurs en Occident, prennent en effet soin de montrer des paysages typiques, des réussites scientifiques soviétiques, accompagnent les parties de musique traditionnelle russe, ou ornementent son nom de lettres en cyrillique (fussent-elles utilisées de travers, comme ce « Я » qui se lit en réalité « ia »).

« Tetris apparaît dès lors comme l’un des premiers jeux, si ce n’est le premier, à représenter l’Union soviétique sous un jour neutre – et même peut-être positif. Il s’agit d’une anomalie, au moins sur le marché du jeu vidéo américain », relève Dana Plank-Blasko.

En pleine ère Gorbatchev, « Tetris » devient l’ambassadeur de la « Russie cool ». SPECTRUM HOLOBYTE

Des royalties captées par l’URSS

Le 8 mai 1990, après une longue négociation avec les Russes, la marque Tetris est finalement déposée aux Etats-Unis par le japonais Nintendo. L’Occident plébiscite cette production originale. De 100 000 exemplaires pour sa première édition occidentale en 1987, elle passe à plus de 35 millions de cartouches Game Boy écoulées au début de la nouvelle décennie.

Pour Elorg, c’est le pactole. Nintendo a mis sur la table un demi-million de dollars de royalties, plus 50 cents sur chaque jeu vendu. Mais cet argent est entièrement capté par l’agence d’exportation, à qui Alexey Pajitnov a délégué les droits du jeu jusqu’en 1995.

La célèbre version Game Boy de « Tetris ». NINTENDO

Lui ne touche pas un kopeck dessus. « A cette époque, les Soviétiques ne reconnaissaient pas la validité de la propriété intellectuelle. Et ils ne reconnaissaient pas la validité du système légal américain », relate Henk Rogers, qui fut le négociateur de Nintendo auprès de Moscou.

Lutte pour les droits d’auteur

En 1991, alors que l’URSS s’effondre, Pajitnov émigre au pays de l’Oncle Sam. Pour l’ingénieur soviétique, c’est un choc culturel. Au salon des nouvelles technologies de Las Vegas – son premier contact avec les Etats-Unis –, il découvre le strass et l’abondance de la société américaine. A Seattle, où il s’établit en tant que concepteur de jeux, il découvre aussi l’envers du droit de propriété : il se fait voler son véhicule parce qu’il avait naïvement laissé sa voiture ouverte avec les clés dessus.

Dans les années 1990, Alexey Pajitnov épouse une carrière de créateur de jeux. En coulisses, il se bat pour récupérer les droits de « Tetris ». MICROSOFT

Désormais à bonne école, il a pour ambition de récupérer les droits sur son œuvre, Tetris. Au prix d’une négociation acharnée, menée par Henk Rogers, qui agite la menace d’un arbitrage par un tribunal américain, Elorg accepte finalement de céder 50 % des droits au duo Pajitnov-Rogers. Ecartant au passage Dimitri Pavlovski et Vadim Guerassimov, deux jeunes informaticiens autodidactes qui avaient permis à l’inventeur de porter Tetris sur IBM PC, contribuant à sa notoriété. « Guerassimov a été très mécontent à l’époque. C’est vrai qu’il a été le moteur avec l’adaptation sur IBM PC. Mais en 1986, n’importe qui aurait pu le programmer », minore Daniel Ichbiah.

La « Korobeïniki » désormais brevetée

En 1996, Alexey Pajitnov fonde avec Henk Rogers, son négociateur et désormais ami, deux entreprises sœurs : la Tetris Company de M. Rogers, qui gère les partenariats avec les entreprises tierces depuis Honolulu (Hawaï), et la Tetris Holding, qui capte les royalties depuis Las Vegas. A leur tête, la famille Rogers et T Management LLC, microentreprise à responsabilité limitée dirigée par M. Pajitnov. En 2006, elles absorbent Elorg.

« Alexey n’avait pas déposé de brevet sur le jeu original. Mais la Tetris Holding a plusieurs marques enregistrées aux Etats-Unis et possède quelques brevets, récemment octroyés, sur des détails comme les contrôles intelligents », explique Andrea Sausedo Piotraszewski, sa responsable communication. Elles portent toutes sur la marque Tetris. L’entreprise a même déposé les droits d’utilisation de la Korobeïniki – la célèbre chanson russe – dans un jeu vidéo ou électronique. Longtemps privé de roubles, le créateur de Tetris surveille désormais jalousement ses dollars.

Quant au choix du Nevada, il n’est pas tout à fait innocent. « C’est pratique pour que ses membres se rencontrent », assure Andrea Sausedo Piotraszewski. « C’est également un Etat très sympa au niveau fiscal, même si le Delaware est encore plus attractif », explique Daniel Ichbiah. Ô surprise, la Tetris Holding est également présente dans le Delaware.

William Audureau

 

La page que j'ai consacrée à l'histoire de Tetris se trouve ici : http://ichbiah.com/tetris.htm

 

 


Un témoignage apporté au service de référencement Ctrl-C

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Durant l'été 2017, j'ai été confronté, avec l'ancienne version de mon site à un gros souci : les positions de mes pages dans les résultats de Google déclinaient, jour après jour, de façon incompréhensible.

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Le problème, c'est que je suis auteur du livre Comment être n°1 sur Google pour les Nuls et donc un spécialiste du référencement naturel.

A cette époque, je donnais énormément de Webinars (conférences en ligne) sur le sujet, comme celle-ci :

 

Et c'était tout de même ennuyeux : j'avais eu des pages qui arrivaient n°1 sur des requêtes telles que "elvis presley histoire", j'avais fait des captures d'écran que je projetais aux participants. Seulement voilà, je n'étais plus n°1, mais n°3, n°9 ou pire...

Que se passait-il ? Par bonheur, Jean-Charles Mathey de Ctrl-C a immédiatement perçu où était le problème. Mon site était en http:// c'est à dire non sécurisé. Alors que désormais, Google préconise le https://. Pendant de nombreuses années, cela n'avait eu aucune conséquence, et d'ailleurs c'est ce que je disais dans la toute première édition du livre (mise à jour depuis). Et puis soudaiment, Google a sévi. Et les sites en http:// ont perdu de leur superbe. Disons plutôt, de leur crédit auprès de Google.

Aussitôt dit aussitôt fait, j'ai changé de provider et rechargé toutes mes pages en https://. Et en quelques mois, j'ai récupéré mes positions n°1. Cela a donc permis de vérifier la force des techniques indiquées dans le livre, puisque, d'une certaine façon, j'ai dû repartir à zéro. Un exemple d'aujourd'hui sur une requête ultra concurrentielle telles que 'chanson madonna' ou 'chansons de madonna'.

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Voilà. Je vous raconte cette histoire plus en détail sur cette page du site de Ctrl-C :

https://ctrlc.fr/referencement-daniel-ichbiah-recommande-controle-c/

Si mon livre vous donne les clés pour référencer votre site, il se peut que vous manquiez de temps pour en appliquer les très nombreuses recettes. A défaut, faire appel à Ctrl-C serait une démarche judicieuse. Voici le lien vers le site de Ctrl-C.


Nouvelle version de ma biographie de Bill Gates

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J'ai mis à jour le livre Bill Gates et la saga de Microsoft. Ce livre qui reste mon plus grand best-seller est initialement sorti en 1995 puis en 1998 et a été publié dans une quinzaine de pays : USA, Chine, Japon, Inde, Israël, Allemagne, etc. Au total il s'est vendu à environ 200 000 exemplaires.

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J'ai eu la chance de rencontrer Gates dès 1986, alors que je débutais dans le journalisme, et de l'interviewer à maintes reprises. 

A cette époque, la micro-informatique était encore naissante. Nous rencontrions des gens comme Bill Gates ou Steve Jobs, sans réaliser alors qu'ils allaient entrer dans la légende.

Lorsque j'ai démarré ce projet dès 1989, très vite, j'ai eu envie de transcrire un peu de l'atmosphère déjantée, ultra-créative, qui avait régné lors des débuts de la micro-informatique. On a du mal à le percevoir aujourd'hui mais ce courant a été porté en partie par une bande de néo-hippies qui ont inventé des concepts alors fort novateurs comme la souris, l'interface graphique, etc. 

GatesfBill Gates qui émergeait en 1989 comme une figure majeure - Steve Jobs, depuis son départ d'Apple en 1985 apparaissait alors au second plan - s'est imposé comme personnage central de cette épopée.

J'ai pu interviewer Bill Gates durant deux bonnes heures sur son parcours mais aussi de nombreux compagnons de route des premiers jours comme Paul Allen, co-fondateur de Microsoft, ou bien des concurrents comme le français Jean-Louis Gassée qui avait été directeur d'Apple France.

Ayant été le premier à publier une biographie de Bill Gates - cela paraissait ahurissant avec le recul mais le fait d'être français m'a servi à l'époque - j'ai eu droit à des adaptations dans une quinzaine de pays. Et le succès a été au rendez-vous.

 

Bill-gatesVers 2005, Pocket a cessé de publier ce livre. Je l'ai republié en numérique dès 2012.

Toutefois, depuis des années, je me disais que le livre méritait une mise à jour. Voilà qui est fait. Dans la nouvelle version le chapitre final a disparu, ou plutôt, il a été remplacé par un nouveau chapitre qui retrace les évolutions de Gates de 1998 à nos jours.

Avec le recul, ce livre a acquis une force que je ne soupçonnais pas moi-même à l'époque. Bien des faits que j'ai contés dans la frénésie du moment ont pris une perspective étonnante au fil du temps...

 

 

Pour en savoir plus, consultez la page Web dédiée au livre :

https://ichbiah.com/bill-gates-biographie.htm


Michael Jackson, Black or White sort en version portugaise

Mj portugais facebook

Et de 4 !... Après la version française, espagnole et l'italienne, la version portugaise de Michael Jackson, Black or White va sortir en portugais en juillet.

Le plus étonnant, c'est qu'une version anglaise est prévue avant la fin de l'année...

Rappelons que la version française a atteint la 3ème position des ventes. Pour en savoir plus :

https://ichbiah.com/michael-jackson.htm

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Atlantico m'a interviewé sur le nouvel album de Madonna

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Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je suis grand fan du nouvel album de Madonna. En tant qu'auteur de trois livres sur la chanteuse de tous les records, Atlantico m'a demandé mon opinion sur les récentes évolutions de la star. Quelques extraits ici :

Madonna a-t-elle déjà, par le passé, enclenché ou révélé des bouleversements sociaux concernant l'image des femmes ?

Daniel Ichbiah : Madonna par définition, c'est celle qui a bouleversé, qui a complètement révolutionné la vision des femmes dans la société. On avait eu les années 70 avec l'image de la femme féministe qui veut, en quelques sortes, prendre sa revanche sur l'homme. Madonna c'est celle qui dit : je fais ce que je veux, je n'attends rien des hommes, ce qui est très différent de cette image après laquelle elle est passée. Depuis le début, elle a cherché à être elle-même et à ne pas dépendre de qui que ce soit, entre autres des hommes.

Le titre le plus emblématique de cette nouvelle image qu'elle amène alors, c'est probablement le titre "Papa Don't Preach" sorti en 1986. Il prend le contrepied des années 70 en disant : "je vais avoir un enfant Papa". Et le père n'est pas en faveur de le garder. Mais la chanson dit : "Papa, ne me prêche pas, je vais le garder." C'est complètement à contre-courant de ce qui pouvait se passer avant. Et Madonna affirme par-là : je suis Madonna, je fais ce que je veux.

Ce que je comprends dans ce geste de Madonna, c'est que quand la journaliste du New York Times essaie de relativiser ce qu'elle fait en la catégorisant, Madonna réaffirme qu'on ne peut la classer, que son âge n'a pas d'importance.

Madonna fait-elle figure de pionnière du combat contre les normes des comportements imposés aux femmes en faisant cela ou fait-elle du jeunisme selon vous ?

Daniel Ichbiah : A tout moment, elle a révolutionné l'image de la femme. Donc là, encore une fois, elle est en train de révolutionner l'image de la femme âgée en étant glamour, en étant belle, complètement dans l'ère du temps. Ce qui est quand même très fort, c'est que dans les années 2000, elle a eu deux grandes concurrentes : Britney Spears, et Lady Gaga, et puis d'autres, comme Katy Perry; et elle les a toutes dépassées. D'une certaine manière en disant que l'âge n'a pas d'importance, elle affirme aussi face à ces concurrentes : moi, Madonna, je reste la reine.

On voit beaucoup de stars de la pop culture,qui, l'âge venant, sortent des albums qui sont liés à leur âge : on peut penser à Léonard Cohen et son dernier album. Avec cette déclaration, il y a quelque chose de totalement différent chez Madonna : elle semble négliger  le temps et ses conséquences. Comment l'interprétez-vous ?

Au début des années 2000, lorsqu'elle s'est mise en concurrence avec Lady Gaga et Britney Spears, j'étais un peu gênée, parce qu'elle se montrait comme ouvertement jeune et cherchait à concurrencer des filles qui avaient une vraie jeunesse. Mais elle les a éclipsées. Elle a choisi de faire éternellement jeune. C'est aussi ce que fait Mick Jagger : ils refusent la vieillesse. C'est une tendance de ces artistes.

Je ne vois pas là-dedans une forme de jeunisme, mais je crois qu'ils assument le prix à payer pour continuer d'être une légende. Quand on a été une star, cela doit être difficile de ne plus être au top. Le prix à payer est énorme. Leur jeu, c'est d'être une légende jusqu'au bout. 

Que pensez-vous du clip et de la chanson Medellin ? On voit notamment Madonna en mariée avec un homme plus jeune qu'elle dans ce clip, le chanteur hispanique Maluma. Qu'est-ce que ce morceau dit de la star et de son évolution ?

Madonna s'est vraiment donné les moyens de faire un clip. Elle a innové au niveau du son, d'avoir des ambiances assez douces et des rythmes plus abrupts. C'est une vraie réussite et c'est un petit peu ce qui nous a manqué dans ses deux précédents albums.

Madonna, quelles que soient les épreuves reste Madonna. Elle est hors du temps, elle est un personnage. Beaucoup de jeunes seraient honoré d'être avec elle dans un clip parce qu'elle est une légende, un peu comme Mick Jagger. Ce qui est bien dans la musique, c'est que l'on transcende tous ces concepts. La musique est de l'art et l'art n'est pas lié à toutes ces contraintes matérielles. L'art est libre.

L'album est extrêmement inventif. On sent qu'elle s'est donné les moyens pour redevenir la reine de la pop car le précédent album avait tout de même déçu beaucoup de monde. Elle rentrait dans un moule très proche de ce que l'on entend ailleurs et là elle marque sa différence avec un côté hispanisant et un "son". Pour beaucoup de fans, on retrouve la Madonna qui nous avait manqué depuis 2012.  

 

L'article intégral se trouve ici :

https://www.atlantico.fr/decryptage/3574543/madonna-daniel-ichbiah


La Libre Belgique m'a interviewé sur le nouvel album de Madonna

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Le nouvel album de Madonna vient de sortir, Madame X, et franchement, il y a beaucoup de bonnes choses dedans. Louis Hermant de la Libre Belgique a souhaité me faire intervenir sur cet incroyable parcours. L'occasion de rappeler que, si Madonna devait faire face à Britney Spears et Lady Gaga au début des années 2000, elle a évincé ces deux concurrentes et s'impose encore et toujours comme la reine de la pop et des dancefloors.

Pour mémoire, les 3 livres que j'ai écrits sur Madonna sont exposés sur cette page :

https://ichbiah.com/madonna.htm

Quand à l'article de la Libre Belgique, il est ici : 

https://www.lalibre.be/culture/musique/madonna-pour-l-amour-du-risque

Il n'est accessible qu'aux abonnés de ce magazine donc je vous le reproduis ici :

Avec Madame X, son nouvel album disponible aujourd’hui, Madonna se réinvente une nouvelle fois.

Reine de la pop, reine de la provocation, reine de la réinvention. Au cours de ses presque quarante ans de carrière, Madonna a enfilé différentes personnalités et incarné différentes ères. Avec Madame X , sorti ce vendredi, elle pousse le concept encore plus loin en prenant les traits d’un agent secret qui parcourt le monde et se plonge dans différentes identités. "C’est une danseuse. Une enseignante. Une chef d’État. Une femme de ménage. Une cavalière. Une prisonnière. Une étudiante. Une mère. Une enfant. Une nonne Une chanteuse. Une sainte. Une p…e" , déclare la chanteuse dans la vidéo présentant ce dernier album.

La plus grande vendeuse de disques de tous les temps (plus de 330 millions d’exemplaires) revient sur le devant de la scène avec un opus plus politique. Notamment sur les titres "God Control" qui évoquent la circulation des armes aux États-Unis ou encore "Killers Who Are Partying" où la chanteuse veut se glisser dans la peau des minorités (les homosexuels, les musulmans, les victimes de viol, les Israéliens…).

Les douze morceaux se bousculent entre musique latine, reggaeton et dance music. Un album plutôt réussi où l’on sent les différentes influences de la chanteuse, sud-américaines sur "Medellin" mais aussi portugaises à d’autres moments. "Madonna s’est installée à Lisbonne pour son fils David qui souhaitait faire du foot avec le club Benfica. Ce nouveau lieu de vie a tout naturellement mené à de nouvelles rencontres artistiques, notamment musicales, d’où l’influence du fado, entre autres, dans ce nouvel album", nous explique Bruno Agar, enseignant-chercheur à l’université Paris-Saclay Evry Val d’Essonne et auteur d’une thèse consacrée au religieux et au politique dans les documentaires de Madonna.

Ce quatorzième disque studio se présente comme l’une de ses propositions les plus surprenantes et… osées. Surtout depuis MDNA (2012) et Rebel Heart (2015) où l’on sentait Madonna quelque peu dépassée. À 60 ans, la Madone n’a pourtant plus rien à prouver à personne. Mais le risque, c’est bien le secret de sa longévité. Elle possède une compréhension supérieure du fonctionnement de l’industrie musicale, une volonté de s’entourer de producteurs et artistes ancrés dans leur époque (Mirwais, ex-Taxi Girl, dans ce cas-ci), des engagements forts de tolérance et surtout une facilité à se réinventer. "Madonna revient à chaque fois avec un nouveau concept artistique, pas seulement un nouvel album. Elle sait s’appuyer sur des éléments biographiques qui l’inspirent, et qui apportent une authenticité à son propos", analyse le chercheur français. "Lorsqu’elle sort un nouvel album, c’est comme si un ami donnait des nouvelles", déclare Daniel Ichbiah, auteur du livre Les Chansons de Madonna (2014).

Retour sur les différentes métamorphoses de l’icône pop.

La conquérante

Rêvant d’entamer une carrière dans la danse, Madonna Louise Ciccone quitte son Michigan natal pour New York en 1978. Un peu paumée, elle vit dans un taudis et fait des petits boulots pour s’en sortir. “Elle va subir des scènes très difficiles, comme par exemple la fois où son père vient lui rendre visite par surprise. Il la supplie de revenir à la maison. Mais elle refuse, tout comme elle refuse qu’il lui donne le moindre sou”, raconte Daniel Ichbiah, auteur de 3 livres sur Madonna. Avec sa “rage de réussir hallucinante”, elle parvient à percer avec Like A Virgin, son deuxième opus, en 1984.

La même année, lors des premiers MTV Video Music Awards, elle débarque en robe de mariée et danse en prenant des poses suggestives. “Elle a compris que pour percer, il fallait qu’elle use du sexe comme arme. Elle l’utilise de façon très volontaire car elle sait qu’elle va mettre les hommes à ses pieds de cette façon.” explique Daniel Ichbiah. En bousculant les codes, elle avait son plan d’attaque pour conquérir l’Amérique et le monde entier.

Ange et démon

Avec l’album True Blue (1986), où elle s’affiche les cheveux courts et teints en blond platine, le public voit apparaître une autre Madonna. Il ne s’agit pas seulement d’un changement de look, “elle devient une sorte de porte-parole féministe de son époque”, analyse Daniel Ichbiah. Pour lui, elle s’impose comme l’égal de l’homme et prouve que l’on peut mener une carrière toute seule.

Sur “Papa Don’t Preach” où elle aborde le thème de la grossesse chez les adolescentes, elle chante qu’elle veut garder son bébé (“I’m gonna keep my baby”). Le titre fera polémique parmi les Américains. “Elle prend le contre-pied des féministes des années 1970 qui se sont battues pour le droit à l’avortement”  indique Daniel Ichbiah "et commence à prendre position sur des sujets de société". Quelques années plus tard, elle fait à nouveau scandale avec son single et le clip de “Like A Prayer”, qui mélange sexualité et religion, sa recette de prédilection de l’époque.

Quand Michael Jackson murmurait à son oreille

Au début des années 1990, Madonna doit renégocier son contrat avec Warner. “C’est Michael Jackson, qui au cours d’un dîner mémorable, l’aiguille. Il lui conseille de proposer à sa maison de disques une combinaison d’offres tellement incroyable qu’ils ne pourront qu’être à ses pieds” raconte le biographe Daniel Ichbiah. Suite à cette discussion, la chanteuse de 34 ans s’affranchit du diktat des maisons de disques. Elle décide de publier un livre de photos érotiques intitulé Sex. “Dedans, on la voit, par exemple, faire du stop toute nue sur une route. C’est un livre dans lequel elle donne libre cours à ses fantasmes”, indique son biographe. Elle propose à Warner de compiler cet ouvrage avec un film, Body, pour son nouvel album Erotica (1992). Véritable célébration de la sexualité, cet opus a pour but de lever les tabous autour de ce sujet. “Elle va jouer cette carte jusqu’en 1994 où lors du David Letterman Show, elle va exhiber sa petite culotte devant le présentateur et va jusqu’à lui demander s’il veut la sentir.”

Place au glamour

Toujours provocatrice sans jamais être vulgaire, selon l’auteur des Chansons de Madonna, la Madone se rend compte après avoir joué de la culotte, qu’elle a été au bout de cette attitude. En excellente transformiste qu’elle est et avec un timing toujours parfait, elle va ensuite cultiver une image de femme très classe et glamour avec la sortie de Bedtime Stories (1994) et Ray of Light (1998).

Le film Evita (1996) et sa bande originale vont davantage concrétiser ce reflet de femme fatale. “Pour son film, elle est allée jusqu’à dîner avec le président de l’Argentine pour demander des autorisations de tournage. C’est quelqu’un qui a été reçu par les plus grands. Elle sait se comporter comme une grande dame. Elle peut jouer divers rôles qu’elle assume complètement”, assure Daniel Ichbiah.

Peu importe la concurrence

À partir des années 2000, la reine de la pop voit la concurrence arriver. Britney Spears, Lady Gaga, Miley Cyrus et bien d’autres ne peuvent pas nier l’héritage dont elles s’inspirent. Pas une n’a d’ailleurs pensé le cacher. Pour garder sa couronne, Madonna “prend le parti de jouer les ‘djeuns’”, note Daniel Ichbiah. À presque 50 ans désormais, elle semble inarrêtable. Dans le clip de “Hung Up” (2005), qui sample la chanson “Gimme, Gimme, Gimme” d’ABBA, elle s’affiche en justaucorps rose fuchsia et danse comme à 20 ans. Hyperactive, elle multiplie également les collaborations, avec Britney Spears en 2003, Justin Timberlake, en 2008, Kanye West ou plus récemment Nicki Minaj (2015). Comme elle l’a toujours fait, Madonna s’entoure des artistes de la nouvelle génération pour rester dans le coup, avec plus ou moins de succès…


Nostalgeek m'a interviewé à propos des 35 ans de Tetris

Nostalgeek

Les fans de jeu vidéo le savent. Je suis l'auteur de la biographie de Alexey Pajitnov et donc de l'histoire de Tetris.  C'est une histoire incroyable et comme je le dis dans l'introduction, on pourrait en faire un film ! Nous y suivons d'incroyables imbroglios autour de ce jeu russe convoité par les américains (notamment Atari) comme par les japonais (Nintendo). Et en parallèle, nous voyons la Russie, sous Gorbachev, s'ouvrir à la liberté d'expression et à l'économie de marché.

Pour mémoire, j'ai passé 2 jours mémorables avec Alexey Pajitnov afin de recueillir ses propos et il a été adorable.

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Tetris vient de fêter ses 35 ans et Christophe Philippe de Nostalgeek en a profité pour réaliser une interview particulièrement sympathique. La voici ! 

 

Un grand merci à Christophe !


Aujourd'hui je prends soin de ma planète - un livre dont les profits vont à la protection des éléphants et des rhinocéros

Planete
Voici la nouvelle page consacrée au livre Aujourd'hui, je prends soin de ma planète, écrit avec Noelle Saugout :

https://ichbiah.com/je-prends-soin-de-ma-planete.htm

Noëlle Saugout est la présidente de LAEO, une association de protection de la biodiversité. C'est le troisième livre que nous avons réalisé ensemble, après Sauver la Terre et Ma Maison Ecolo.

Tous les droits récoltés sur la vente de ce livre sont reversés à LAEO et vont à la sauvegarde des éléphants et des rhinocéros. En effet, l'association gère un espace naturel de protection de ces animaux à Tula Tula, en Afrique du Sud.

Amitiés à tous ceux qui veulent prendre soin de notre belle planète.


La version espagnole de ma biographie de Michael Jackson est sortie en Espagne

Michael Jackson librairies espagnoles copie

Michael Jackson, Blanco o Negro, adaptation espagnole de ma biographie de Michael Jackson est enfin sortie en Espagne. Pour le moment, seule la version numérique est sortie. La version papier est attendue dans les semaines à venir.

La traduction a été effectuée par Geraldo Sanchez. J'ignore quelle est sa qualité donc, si d'aventure vous tombez sur la version espagnole, votre avis m'intéresse fortement. 

Voici quelques liens de librairies qui vendent la version espagnole :

Barnes & Nobles

Apple

Amazon

Voici la couverture espagnole :

Couverture paperback espagnol

Cool, n'est-il pas ?

La page de présentation du livre est ici :

https://ichbiah.com/michael-jackson.htm

Elle donne accès à un extrait où Lisa Marie Presley, l'ex-épouse de Michael prend clairement la défense de celui-ci :)