Je raconte les débuts de Madonna dans le magazine Retro et dans 50mn inside (TF1)

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Les débuts de Madonna ont été synonymes de dèche, d'humiliations, de désarroi. Mais aussi l'occasion de manifester sa hargne de vaincre quoi qu'il arrive. Cette épopée a duré de 1978 à 1983, années durant lesquelles elle a multiplié les petits boulots, suivi des cours de danse avec la volonté d'une acharnée, côtoyé des musiciens, des DJs et finalement fait mouche. En novembre 1984 elle triomphera mondialement avec Like a Virgin et dès lors, le succès ne va plus la quitter - disons plutôt qu'elle ne le lâchera plus.

L'histoire des années galère est donc contée dans cette édition du magazine Rétro. Et le magazine m'a fait une belle dédicace au passage :

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Vous pouvez consultez le PDF de l'article grâce à ce lien :

Rétro20 : article Madonna

 

Par ailleurs, j'ai récupéré le replay de mon passage sur 50 mn Inside (TF1).

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Replay 50mn Inside -les débuts de Madonna

Donc, que du bonheur pour les fans de la diva de la pop que nous chérissons tant !

 

Pour en savoir plus sur les livres que j'ai consacrés à Madonna :

https://ichbiah.com/madonna.htm

 

L'histoire de Like a Virgin, c'est ici :

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https://ichbiah.com/extraits/madonna/like-a-virgin.htm

 

Et sur la page qui suit, je chronique les 10 plus grandes chansons de Madonna (à mon goût) :

Temp madonna

https://ichbiah.com/extraits/madonna/10-meilleures-chansons-madonna.htm


Pour Noël, Pix'n'Love ressort La Saga des Jeux Vidéo

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C'est le best-seller de l'histoire du jeu vidéo... 

Marc Pétronille qui dirige Pix'n'Love m'a annoncé que le livre ressort en prévision des fêtes de Noël.

La version actuelle est la 6ème et elle inclut de nombreuses mises à jour parmi lesquelles, l'histoire de Minecraft et de Pokemon Go.

Pour rappel, la première édition de ce livre est sortie en 1997 et c'est peut-être le livre qui m'a valu le plus de retombées médias : télés, radios, magazines... Il m'a également valu de donner énormément de conférences sur l'histoire du jeu vidéo dont certaines se trouvent sur Youtube

 

Et l'interview réalisée par Thomas Martin en 2009 sur la 4è édition a fait plus de 112 000 vues !

Mieux encore, des étudiants m'ont confié qu'ils avaient étudié ce livre lors de leur cursus sur le jeu vidéo.

C'est donc un plaisir de savoir que ce livre, l'un de ceux qui me sont le plus cher, sera à nouveau en librairie cet hiver. Si vous ne l'avez pas encore lu, que dire... Vous allez être surpris tant cette histoire est rocambolesque.

Plus d'infos sur cette page : https://ichbiah.com/saga-des-jeux-video.htm

 


Les secrets du succès de Google - en vidéo

 

800 milliards de dollars par an au bout d'une vingtaine d'années d'existence... Aucune entreprise n'a connu une croissance aussi rapide. Cette montée en puissance phénoménale repose sur un système unique, que Google a eu la prescience de mettre en oeuvre avant que d'autres tentent de s'en emparer, notamment Microsoft qui n'a jamais pu rattraper les quelques années de retard perdu.

Ce système, je le décris dans deux des livres que j'ai publié sur Google et accessoirement d'autres GAFAs :

Comment Google mangera le monde

Les nouvelles superpuissances du Web
Toutefois, vous avez ici l'explication en mode vidéo, donc plus imagée. Et très bientôt, je vous ferais une vidéo résumant l'histoire de Google...

 


Une interview sur la chaîne Youtube 'Fans de Bernard Werber'

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Othman Benaim est probablement le plus grand spécialiste français de Bernard Werber. Il tient notamment la chaîne Youtube Fans de Bernard Werber qui fourmille de documents rares sur l'écrivain.

Et comme je publie une biographie de Werber ce mois-ci, Othman m'a consacré une interview de 20 minutes sur cette biographie qu'il a pu lire en avant-première.

Voici l'interview sur Youtube :

Plus d'informations sur le livre sur cette page : https://ichbiah.com/bernard-werber.htm

 


La vie de Bernard Werber racontée par lui-même à votre serviteur

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Entre le 6 novembre 2018 et le 7 janvier 2019, Bernard Werber s’est livré à moi. Une dizaine d’heures d’interviews sur sa vie intégrale ont été effectuées.

Bernard Werber y confie un grand nombre d’anecdotes à fort suspense sur ce qu’il a vécu.

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Nous découvrons que, sous des dehors paisibles et anodins, l’écrivain des Fourmis, de Nous les Dieux et  bien d’autres best-sellers a souvent vécu une vie aventureuse, pleine de moments forts. Il raconte par exemple ces anecdotes :

.               Une nuit, alors qu’il est adolescent, il se fait braquer par un homme qui l’a pris pour un autre et déclare qu’il va l’abattre,

.               Lors d’un reportage en Afrique pour photographier des fourmis d’une extrême férocité, il se retrouve recouvert de ces fourmis et ne s’en sort qu’à quelques secondes près,

.               Lors de sa traversée des USA sans un sou en poche, il est pris en stop et le chauffeur, un halluciné commence à se battre avec une abeille entrée dans l’habitacle au risque de provoquer un accident grave,

.               Lors d’un voyage en Inde, un guide lui conseille, pour le salut de son âme, de se suicider !

.               Et bien d’autres moments incroyables.

Parmi les moments forts de cette histoire, se trouve notamment les déboires qu’il a rencontrés pour parvenir à se faire publier durant les 12 années où il a proposé les Fourmis à des éditeurs et s’est fait rejeter.

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Pour en savoir plus sur la biographie de Werber et découvrir divers extraits audio exclusifs :

https://ichbiah.com/bernard-werber.htm

Vous pouvez aussi découvrir des extraits d'interview dans cette vidéo :

 

 


RTBF m'a interviewé sur les 50 ans de l'album Abbey Road

Lumineux... Tel est le mot qui revient le plus souvent dans ma bouche lorsque j'évoque cet album des Beatles qui fête ses 50 ans. Une telle créativité laisse aujourd'hui pantois.

Jérôme Colin de RTBF (le France Inter belge) m'a interviewé à propos de cet album mythique, celui que les Français ont classé comme meilleur album du siècle.

Pour rappel, je suis auteur de deux livres sur les Beatles :

Beatles Beatles ebook

Et comme je le dis dans la page que j'ai consacré à ces livres :

<p">https://ichbiah.com/pagebeatles.htm

"J'adore les Beatles à un point qui dépasse l'entendement."

Donc, si vous êtes fan, vous allez vous régaler que ce soit avec cette interview sur RTBF ou avec ces pages...

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Elvis Presley, histoires et légendes sort en version espagnole

Elvis espagnol copie

Voici la couverture qui a été retenue a priori  pour la version espagnole du livre 'Elvis Presley, histoires & légendes'. Il sera en librairie courant septembre.

Rappelons que ce livre est la meilleure vente de livres sur Elvis Presley depuis plusieurs années déjà. Bon, il est parfois n°2 comme aujourd'hui, mais le plus souvent n°1...

Pour plus d'infos sur ce livre :

https://ichbiah.com/elvis-presley.htm

 


Robots, genèse d'un peuple artificiel vient de sortir en audiobook

Robots-audiobook

Le livre 'Robots, genèse d'un peuple artificiel' vient de sortir en version audio chez Sonobook.

C'est un livre qui me tient à coeur car c'est le premier prix que j'ai obtenu en tant qu'auteur : le Prix Roberval en 2005.

Prix roberval

  RobotsfrA l'époque, c'est la chanteuse Bjork elle-même qui m'a donné l'autorisation d'utiliser un visuel de son clip "All is full of love love " réalisé par le génial Chris Cunnigham. Je lui avais écrit une lettre très sincère expliquant pourquoi je pensais que ce visuel était le plus à même de restituer l'esprit du livre lui-même.

Le travail d'illustration du livre original a été réalisé avec brio par Philippe Bultez-Adams.

Alors qu'il s'agissait d'un beau livre vendu assez cher (45 euros environ), il a eu des ventes honorables à l'époque.

 Florence Devesa avait réalisé cette promotion bien fun !

Robots

Le livre a été plusieurs fois mis à jour après sa sortie. C'est la version actuelle qui a  été transcrite en audio.

La version audio du livre est accessible sur ce lien :

https://sonobook.com/produit/robots-genese-dun-peuple-artificiel/

 

Plus d'infos sur le livre ici :

https://ichbiah.com/pagerobots.htm


Un site sur les baby foots de collection

Babyfoot

Difficile de ne pas craquer devant les baby foots que restaure Charly Doll.

Charly Doll est un batteur fougueux, imbibé de la rock énergie avec une capacité à sublimer les morceaux que son groupe revisite, qu'ils soient aussi complexes qu'une suite de Frank Zappa ou aussi pop qu'un 'Come together'. Pour information, je livre un portrait de Charly dans ma page : le Who's who où il faut être.

Mais Charly est aussi un orfèvre à ses heures et depuis quelques années, il a entrepris de restaurer les baby foots vintage qui tombent sous sa main. Le résultat est à tomber. Quelques pièces de choix :

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Bon, et comme je suis Webmaster à mes heures - mon propre site est réalisé 'à la main', en langage HTML car j'ai eu la chance de m'y former très tôt, alors que le Web prenait tout juste son essor - j'ai voulu consacrer un site Web à ces fameux baby foots vintage de collection.

Alors, pour découvrir d'incroyables pièces restaurées dans les règles de l'art :

https://babyfoot-de-collection.com/

 


Le Monde m'a interviewé sur l'histoire de Tetris

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TetrisS'il est une histoire rocambolesque, c'est bien celle du jeu Tetris, né à Moscou en 1984 avant de conquérir la planète.

William Audureau, un (grand) auteur de livre sur l'Histoire des jeux vidéo a consacré un article à la retraite dorée dont profitent aujourd'hui Alexey Pajintov et son compère Henk Rogers, depuis qu'ils ont récupéré les droits de Tetris en 1996 - il a tout de même fallu attendre 10 ans avant qu'ils ne puissent en bénéficier, car durant cette première période, c'est l'état Russe qui a empoché en solo les titanesques profits tirés du jeu.

J'ai raconté cette histoire incroyable dans un livre dédié à l'histoire de Tétris et réalisé à partir de deux journées au cours desquelles Alexey Pajitnov est revenu sur l'épopée qu'il avait vécue.

L'article de William Audureau sur Tetris s'inscrit dans une série que le Monde publie durant l'été 2019 consacré au jeu vidéo soviétique : « Le bloc de l’Est à fond les manettes », une série en 6 épisodes

Sur le site de Le Monde, il se trouve à cette adresse :

https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/03/la-retraite-doree-de-tetris-jeu-video-sovietique-converti-au-capitalisme

Sur le site du journal, seul le début est accessible, l'article étant réservé aux abonnés. Voici cependant la version intégrale ici.

La retraite dorée de « Tetris », jeu vidéo soviétique converti au capitalisme

Par William Audureau

 

Le bloc de l’Est à fond les manettes (6/6). En 1984, Alexey Pajitnov créait le célèbre casse-tête dans un laboratoire national russe.

« Quand vous possédez une propriété intellectuelle, il faut la défendre contre ceux qui la transgressent. » C’est simple et direct. Henk Rogers est le cogérant des droits du célèbre jeu Tetris, et il assume sa raideur. En 2001, la Tetris Holding, société installée dans le Nevada, menace de poursuites un jeu trop similaire ; en 2007, elle attaque un site baptisé Tetris.us ; en 2012, elle poursuit les développeurs de Mino, une application clonant son concept. Défendre farouchement son droit de propriété est courant dans l’industrie du jeu vidéo, mais la Tetris Holding en a fait plus qu’une spécialité, un fonds de commerce.

Le siège de la société est un banal bâtiment de deux étages planté dans la banlieue de Las Vegas, sans la moindre enseigne. Sur LinkedIn, elle ne compte aucun employé. Elle refuse par ailleurs de communiquer ses effectifs comme son chiffre d’affaires. A la place, des chiffres génériques : 35 millions de jeux sur Game Boy, des utilisateurs dans 253 pays, plus d’un demi-milliard de téléchargements sur mobile…

« C’est un peu comme Apple Records avec les Beatles, compare Daniel Ichbiah, auteur d’Alexey Pajitnov : L’incroyable histoire du créateur de Tetris (Pix’n Love, 2016). Ils gèrent les droits et ne sortent rien d’autre, ils vivent sur un pactole. C’est leur tiroir-caisse. »

Né dans l’indifférence d’un laboratoire soviétique

Tetris porte un paradoxe : ce pur produit de l’époque soviétique est devenu la machine la plus capitaliste de l’industrie. Car avant de devenir le succès planétaire que l’on sait, Tetris est conçu dans la plus grande discrétion, au milieu des années 1980, à l’Académie des sciences de Moscou. Dans ce temple de la recherche soviétique, Alexey Pajitnov, un ingénieur âgé de 29 ans, féru de puzzles, bidouille à ses heures perdues une version informatique des pentaminos – jeu de réflexion d’assemblage de figures géométriques constituées de cinq carrés collés les uns aux autres.

Dans l’indifférence totale, il simplifie son logiciel en remplaçant les pentaminos par des tétraminos (quatre carrés), ajoute une fonction de génération aléatoire des pièces, encode la disparition des lignes formées par les blocs. La magie opère : le jeu plaît. Aidé de deux jeunes programmeurs, il l’adapte sur IBM PC. Tetris commence alors à circuler de manière informelle à Moscou, puis dans les grandes villes du bloc de l’Est.

C’est en Hongrie, à l’Institut de coordination des nouvelles technologies, que l’homme d’affaires Robert Stein fait sa découverte en 1986. « M. Stein a été tellement impressionné par le jeu, qui était graphiquement minimaliste mais d’une conception algorithmique sophistiquée, qu’il est remonté jusqu’à ses auteurs à Moscou »relate le New York Times en 1988. Il exporte les droits du jeu au Royaume-Uni. La carrière commerciale de Tetris est lancée, et les imbroglios avec elle.

Le plus grand succès commercial des années Gorbatchev

Depuis l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev, en 1985, l’URSS s’est lancée dans une double politique de libéralisation, politique et économique. « Ce qui est intéressant, c’est que Tetris matérialise le passage du communisme à l’économie de marché. Son histoire épouse celle de la perestroïka et de la glasnost. Un des acteurs de cette aventure me disait que sans Gorbatchev, Pajitnov aurait fini en prison », sourit Daniel Ichbiah.

La première version occidentale de « Tetris », signée de l’entreprise anglaise MirrorSoft, filiale du « Daily Mirror ». MIRRORSOFT

La commercialisation du jeu est prise en charge par Elorg, une agence gouvernementale gérant l’exportation des produits soviétiques. Improvisant avec leur faible culture du droit du commerce anglo-saxon, ses responsables, Sasha Alexeyenko puis Nikolai Belikov, se retrouvent à négocier avec de multiples acteurs anglais, américains ou encore japonais – chacun réclamant sa part du gâteau. « C’est l’époque où les Russes veulent faire du commerce avec les Etats-Unis, et ils apprennent extrêmement vite », souligne Daniel Ichbiah.

Un jeu pour renverser les préjugés de la guerre froide

Tetris devient autant un enjeu commercial qu’un outil de soft power, dans un contexte où l’URSS fait l’objet de stéréotypes accablants dans les productions occidentales. « Même si certains thèmes étaient plus ou moins bénins – vodka, bortsch, paysages russes enneigés – d’autres reflétaient des anxiétés culturelles profondément ancrées sur le lavage de cerveau et le contrôle de l’esprit, l’idéologie communiste comme menace du style de vie américain, et la perspective d’une guerre nucléaire », relève Dana Plank-Blasko dans une étude baptisée « From Russia with Fun !’: Tetris, Korobeiniki and the ludic Soviet ».

Avant « Tetris », les Russes étaient souvent caricaturés dans les jeux vidéo comme étant rustres et alcooliques, comme ici dans Super Punch-Out!!. NINTENDO

Le jeu vidéo devient dans les années 1980 le vecteur privilégié des stéréotypes sur le Russe musculeux et alcoolique – ainsi dans Super Punch-Out !! et Street Fighter II. Et le terrain d’expression le plus fertile des tensions entre les deux blocs – comme dans Missile Command, Communist Mutants From SpaceRaid over MoscowBalance of Power ou encore East vs. West.

Tetris, au contraire, chante la grandeur du peuple russe. Mirrorsoft, Atari, Spectrum Holobyte puis Nintendo, ses premiers éditeurs en Occident, prennent en effet soin de montrer des paysages typiques, des réussites scientifiques soviétiques, accompagnent les parties de musique traditionnelle russe, ou ornementent son nom de lettres en cyrillique (fussent-elles utilisées de travers, comme ce « Я » qui se lit en réalité « ia »).

« Tetris apparaît dès lors comme l’un des premiers jeux, si ce n’est le premier, à représenter l’Union soviétique sous un jour neutre – et même peut-être positif. Il s’agit d’une anomalie, au moins sur le marché du jeu vidéo américain », relève Dana Plank-Blasko.

En pleine ère Gorbatchev, « Tetris » devient l’ambassadeur de la « Russie cool ». SPECTRUM HOLOBYTE

Des royalties captées par l’URSS

Le 8 mai 1990, après une longue négociation avec les Russes, la marque Tetris est finalement déposée aux Etats-Unis par le japonais Nintendo. L’Occident plébiscite cette production originale. De 100 000 exemplaires pour sa première édition occidentale en 1987, elle passe à plus de 35 millions de cartouches Game Boy écoulées au début de la nouvelle décennie.

Pour Elorg, c’est le pactole. Nintendo a mis sur la table un demi-million de dollars de royalties, plus 50 cents sur chaque jeu vendu. Mais cet argent est entièrement capté par l’agence d’exportation, à qui Alexey Pajitnov a délégué les droits du jeu jusqu’en 1995.

La célèbre version Game Boy de « Tetris ». NINTENDO

Lui ne touche pas un kopeck dessus. « A cette époque, les Soviétiques ne reconnaissaient pas la validité de la propriété intellectuelle. Et ils ne reconnaissaient pas la validité du système légal américain », relate Henk Rogers, qui fut le négociateur de Nintendo auprès de Moscou.

Lutte pour les droits d’auteur

En 1991, alors que l’URSS s’effondre, Pajitnov émigre au pays de l’Oncle Sam. Pour l’ingénieur soviétique, c’est un choc culturel. Au salon des nouvelles technologies de Las Vegas – son premier contact avec les Etats-Unis –, il découvre le strass et l’abondance de la société américaine. A Seattle, où il s’établit en tant que concepteur de jeux, il découvre aussi l’envers du droit de propriété : il se fait voler son véhicule parce qu’il avait naïvement laissé sa voiture ouverte avec les clés dessus.

Dans les années 1990, Alexey Pajitnov épouse une carrière de créateur de jeux. En coulisses, il se bat pour récupérer les droits de « Tetris ». MICROSOFT

Désormais à bonne école, il a pour ambition de récupérer les droits sur son œuvre, Tetris. Au prix d’une négociation acharnée, menée par Henk Rogers, qui agite la menace d’un arbitrage par un tribunal américain, Elorg accepte finalement de céder 50 % des droits au duo Pajitnov-Rogers. Ecartant au passage Dimitri Pavlovski et Vadim Guerassimov, deux jeunes informaticiens autodidactes qui avaient permis à l’inventeur de porter Tetris sur IBM PC, contribuant à sa notoriété. « Guerassimov a été très mécontent à l’époque. C’est vrai qu’il a été le moteur avec l’adaptation sur IBM PC. Mais en 1986, n’importe qui aurait pu le programmer », minore Daniel Ichbiah.

La « Korobeïniki » désormais brevetée

En 1996, Alexey Pajitnov fonde avec Henk Rogers, son négociateur et désormais ami, deux entreprises sœurs : la Tetris Company de M. Rogers, qui gère les partenariats avec les entreprises tierces depuis Honolulu (Hawaï), et la Tetris Holding, qui capte les royalties depuis Las Vegas. A leur tête, la famille Rogers et T Management LLC, microentreprise à responsabilité limitée dirigée par M. Pajitnov. En 2006, elles absorbent Elorg.

« Alexey n’avait pas déposé de brevet sur le jeu original. Mais la Tetris Holding a plusieurs marques enregistrées aux Etats-Unis et possède quelques brevets, récemment octroyés, sur des détails comme les contrôles intelligents », explique Andrea Sausedo Piotraszewski, sa responsable communication. Elles portent toutes sur la marque Tetris. L’entreprise a même déposé les droits d’utilisation de la Korobeïniki – la célèbre chanson russe – dans un jeu vidéo ou électronique. Longtemps privé de roubles, le créateur de Tetris surveille désormais jalousement ses dollars.

Quant au choix du Nevada, il n’est pas tout à fait innocent. « C’est pratique pour que ses membres se rencontrent », assure Andrea Sausedo Piotraszewski. « C’est également un Etat très sympa au niveau fiscal, même si le Delaware est encore plus attractif », explique Daniel Ichbiah. Ô surprise, la Tetris Holding est également présente dans le Delaware.

William Audureau

 

La page que j'ai consacrée à l'histoire de Tetris se trouve ici : http://ichbiah.com/tetris.htm