Ma chanson '10 fois par jour' dépasse les 200 000 vues sur Youtube
Je suis passé au 20 heures de TF1 pour les 30 ans du Mac d'Apple

Miroir, ô miroir, dis moi que je suis la plus belle...

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Le numéro de février de Comment ça marche est arrivé dans les kiosques de France et de Navarre. Au menu :

. les mystères de la génétique.

. comment le champ magnétique de la Terre nous protège des vents solaires

. la saga de l'Alpine de Renault

. l'affaire Dreyfus

et bien d'autres gâteries.

L'interview du mois, c'est un certain Bertrand Amar,animateur télé et grand fan de jeu vidéo devant l'infini, et dont je parle dans cette page : Daniel Ichbiah - contacts et liens. Bertrand nous donne son avis sur l'univers du jeu vidéo et n'y va pas avec le dos de la cuiller. Pour consulter l'interview c'est ici : Téléchargement Interview Amar

Fait amusant. Dans l'éditorial de ce numéro, je me permets, dans une certaine mesure de prendre la défense d'Amazon, qui durant la période des fêtes embauche des centaines d'intérimaires pour livrer les cadeaux à temps. C'était une défense toute relative, et dans ces termes :

À quoi pouvaient bien s’attendre les journalistes qui ont voulu voir ‘de l’intérieur’ comment cela se passe ? À une activité farniente ? À un rythme de travail tranquille ? Si tel est le cas, désolé pour eux d’avoir eu à découvrir ce que peut être le quotidien de ceux qui travaillent à la dure pour améliorer leurs fin de mois. Sur cette période de l’année, le géant américain opère selon un mot d’ordre : livrer les cadeaux attendus à temps, coûte que coûte. De quel droit pourrait-on lui reprocher cela ?

J’ai connu un Noël où le cadeau que j’avais commandé sur un site (pas celui d’Amazon) n’est pas arrivé à temps. Que dire ? Lorsque cela arrive, le sentiment est très agaçant. Il serait propre à faire éviter les achats en ligne aux alentours des fêtes. Alors, que Amazon France se mette en quatre pour livrer à temps, qui pourrait décemment le leur reprocher ?

Plus loin dans le même édito, je modère ces propos :

Le n°1 de la librairie en ligne n’est certes pas exempt de défaut. On peut déplorer qu’Amazon, tout comme d’autres sociétés du Web, fasse en sorte d’échapper à l’impôt en France. Dans des pays comme la Grande Bretagne, Amazon impose des conditions de remise particulièrement contraignantes aux éditeurs qui hélas, n’ont pas d’autre choix que d’accepter – en France, la concurrence de la Fnac permet d’éviter qu’une même situation se produise. On pourrait aussi trouver étrange qu’aux alentours de l’année 2000, Jeff Bezos, son fondateur, investissait des millions de dollars en rachats de start-ups qui ont rapidement mordu la poussière alors que ses employés étaient soumis à des mesures de stricte économie

En tout cas, cela n'a pas raté. Le n° est à peine sorti que j'ai reçu un courrier des lecteurs cinglant de la part d'une dénommée Céline qui dit notamment ceci :

Pourtant, je suis très déçue de lire l'édito du numéro 44 intitulé "qualité de service" dans lequel vous "sermonnez" les journalistes qui ont dénoncé les conditions de travail des employés de la société Amazon.  One ne reproche pas à l'entreprise de vouloir tenir ses engagements auprès de ses consommateurs (c'est tout à son honneur). On pointe du doigts les conditions de travail "archaïques" (voir article du Monde du 16/12/2013) et "dignes du XIXème siècle" (conditions de travail des intérimaires, cadences imposées, fouilles au corps, contrôles de productivité ...). Je trouve tout à fait désolant de justifier par la volonté de "livrer les cadeaux attendus à temps, coûte que coûte" : vu les profits engrangés par ce géant, il n'est pas admissible que des employés travaillent dans des conditions de travail insupportables. C'est là le résultat d'une volonté bien connue de faire le maximum de bénéfices avec un minimum de dépenses salariales.

En avant-première, voici un embryon de la réponse qui lui est apportée dans le n° à paraître dans un mois (dans l'édition datée mars).

Nous sommes d’accord : Amazon gagnerait fortement à mieux payer ces travailleurs intérimaires embauchés au moment des fêtes de Noël et à leur assurer de meilleures conditions de travail, comme le font des entreprises comme Google qui au moins sur ce point, est une sorte de paradis. C’est clairement un point faible d’Amazon et il n’est hélas pas le seul. On pourrait évoquer les menaces aux éditeurs américains et anglais qui refusent de pratiquer les marges qu’Amazon leur impose. Une attitude agressive envers de petites start up perçues comme menaçantes assorties de tentatives réelles de les casser.

En revanche, lorsqu’il faut livrer des milliers de cadeaux dans une période de pointe comme les fêtes de Noël, il est clair que les cadences risquent d’être infernales, comment s’attendre à quoi que ce soit d’autre ? L’entreprise fait en sorte de livrer ses clients à temps et en tant que consommateur, nous ne pouvons que nous en réjouir. Les déceptions liées à des sites Web manquant à leurs engagements ont hélas été fort nombreuses.

En fait, au chapitre des doléances, j'ajouterais bien ceci, d'autant qu'il s'agit d'une pratique dont Microsoft était friand dans les années 90 :

Amazon a fait en sorte de réduire à néant plus d’un concurrent en bradant les prix sur un domaine particulier, à un niveau que ce petit concurrent ne pouvait supporter. Cela s’est passé par exemple avec la société Diapers.com qui s’était fait une réputation dans les accessoires pour jeunes maman. Amazon a cassé les prix sur leur domaine jusqu’à ce Diapers.com hisse le drapeau blanc et accepte de se faire racheter à bas prix.

En tout cas, il apparaît que ce sujet soulève une certaine controverse. Entre nous, je trouve bien qu'Amazon emploie des centaines de gens en France et que ce géant compte ouvrir d'autres centres de distribution. Améliorer les conditions de travail : oui ! En revanche, il serait dommage que certaines campagnes découragent Amazon d'ouvrir ses centres chez nous, nous y perdrions des emplois. Le Luxembourg, la Suisse, la Belgique ne sont pas bien loin. Faisons la part des choses...

Daniel Ichbiah - rédacteur en chef de Comment ça marche.

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