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Une interview pour Atlantico : les combats de robots, USA vers Japon

Atlantic robots

Atlantico m'a interviewé en tant qu'auteur du livre Robots, genese d'un peuple artificiel, à propos du défi lancé par la start-up américaine Megabot à la société japonaise Suidobashi, dans le cadre d'un futur combat de robots.

 

Quelques extraits :

Atlantico : Récemment, la société américaine Megabot spécialisée dans la conception de robots géants a lancé un défi à son homologue japonais Japan's Suidobashi Heavy Industry. La firme américaine a proposé un duel entre les deux robots emblématiques. Sur quel robot faut-il parier ? Pourquoi ?

RobotsDaniel Ichbiah : Les combats de robots, c'est quelque chose de relativement ancien aux États-Unis : les premières compétitions datent de la fin 1980 et début 1990. En 1994, la première émission de combat de robots est mis sur pied : il s'agit de Robot Wars, organisée par Marc Thorpe à San Francisco (Californie). Dans cette émission, on a souvent assisté à des scènes qui pourraient rappeler David et Goliath. Les gros robots sont loin d'être toujours les gagnants.

 

Créer un mastodonte ou un tank n'est pas nécessairement la bonne stratégie quand on sait qu'un des aspect primordiaux de ce genre de compétitions, c'est l'intelligence artificielle. Le rêve d'un robot immense et colossal, c'est un fantasme américain. Dans les faits, les véritables robots de combats ressemblent plus à des drones aujourd'hui. Un petit robot ultra-léger capable de voler pourrait tout à fait fatiguer un robot plus imposant. D'autant plus que les robots ont des points névralgiques, qu'il suffit d'endommager pour le mettre hors-circuit. Une machine montée sur roues ne peut pas se déplacer si celles-ci sont malmenées. Concevoir un robot capable d'identifier ce genre d'aspects donnerait l'avantage à la firme japonaise.  Bien entendu, le robot japonais (qu'on a toujours pas vu) doit disposer d'une force minimale, sans quoi il se ferait rouler dessus, mais il est important de pouvoir jouer sur d'autres aspects comme la vélocité que pourrait apporter une petite taille. Cela étant, le défi étant lancé par une petite startup américaine, il est possible que d'ici à la conception du robot de Suidobashi, celle-ci n'existe plus. Dans tous les cas, créer un terminator n'est pas la solution. 

Au Japon, l'imaginaire autour du robot géant est très développé. Cela pourrait-il influer le résultat du duel ? Dans quelle mesure cela a-t-il contribué à l'avancée en robotique du Japon ?

À la suite de la Seconde Guerre Mondiale, le Japon a connu une situation particulièrement humiliante. Occupé par les États-Unis de 1945 à 1952, le pays a notamment du faire face au licenciement de tous les grands directeurs d'entreprises qui avaient participé à l'effort de guerre. Dans un pays  de culture impériale ou l'obéissance est une valeur essentielle, un acte pareil est fort de symbole. Pendant ces sept ans d'occupation, le Japon s'est évadé dans un univers virtuel : c'est à partir de là que s'est développée une culture vidéoludique avec des emblèmes comme Astroboy, Godzilla ou Goldorak. Mais pendant que le Japon cherchait un exutoire dans l'imaginaire, les pays d'Europe et les Etats-Unis connaissaient une pleine excroissance qui les a ancrés dans le réel. Peu à peu le robot est entré dans la culture japonaise, ce qui a permis d'en inonder le marché beaucoup plus facilement. Pour une majorité de la population (mondiale, cette fois), un robot c'est une machine humanoïde. Or, les robots japonais sont ceux qui s'en approchent le plus. Capable, pour parties, de reproduire des comportements humains, à même de marcher sur deux jambes (ce qui n'est pas le cas des robots américains et qui est particulièrement compliqué à réaliser), les robots japonais, du fait de leur ancrage dans la culture, ont fait l'objet de nombreux travaux. En termes de ressemblance humaine et de locomotion mécanique, les japonais sont de loin les meilleurs. Le premier robot humanoïde capable de marcher voit le jour en 1993. Il s'agit du P1 d'Honda. En 1996, le P2 est capable de descendre et de monter des escaliers. Honda indiquait avoir dépensé 100 millions de $ sur ce projet : simuler la marche humaine est quelque chose de très compliqué et les japonais ont près de 18 ans d'avance sur ce point. Un retard pareil ne se rattrape pas. Cependant, à l'inverse des États-Unis, le Japon a tendance à se spécialiser sur la réalisation de robots visant à aider et rassurer les personnes dans le besoin ; pas dans les robots de combats. 

 

Pour lire l'intégralité de l'interview :

http://www.atlantico.fr/decryptage/duel-au-sommet-japon-accepte-relever-defi-pose-etats-unis-pour-bataille-geante-robots-daniel-ichbiah-2229546.html

 

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