Maitena de RMC m'a interviewé sur les débuts d'Internet
Une superbe chronique de la bio de Zuckerberg dans GOUAIG

Une interview sur le métier d'écrivain pour l'agence Oxxalys

Temp copie

"En réalité, il n’y a jamais eu de meilleure période pour les jeunes auteurs, et même mieux, pour les jeunes artistes quels qu’ils soient. " C'est ce que je déclare dans cette interview réalisée pour l'agence Oxxalys. Pourquoi ? 

"Parce qu'aujourd’hui, nous avons des outils sur Internet qui mettent directement en relation le producteur (l’artiste) et le consommateur (son public). Quels sont ces outils ? YouTube, Twitter, Amazon, Soundcloud… "

Et je rappelle au passage qu'on ne compte plus les créatifs qui ont percé grâce à Internet alors que, pour certains d’entre eux, ils avaient été rejetés par un éditeur ou une maison de disque :

  • Le chanteur Avicii – qui a disparu un peu trop tôt étant donné sa jeunesse – s’est fait connaître initialement par les clips qu’il a postés sur YouTube. Il a connu une carrière internationale.
  • La chanteuse britannique Lily Allen s’est fait connaître sur Myspace avant d’être signée par une maison de disques.
  • Des humoristes comme Cyprien ou Norman ont développé un public de millions de fans sur YouTube. Au début, Norman postait des vidéos filmées dans sa chambre. Il y a un an ou deux, il a rempli le Zénith et fait une tournée nationale.
  • La dessinatrice Marion Montaigne a commencé par publier les planches de Tu mourras moins bête sur Twitter et attiré ainsi des dizaines de milliers d’abonnés. Quand la BD complète est sortie, elle a fait un carton.
  • 50 nuances de Grey, l’un des best-sellers des dernières années est un roman qui ne trouvait pas d’éditeur. Une fois publié en auto-édition sur Amazon, il a décollé.
  • Des auteurs français comme Agnès Martin-Lugand ou Jacques Vandroux se sont d’abord fait connaître via l’auto-édition où ils ont pareillement triomphé, avant d’être signés par des éditeurs.

Donc la période est optimale. Si l’on sait exploiter les outils d’aujourd’hui, il existe une possibilité de toucher directement un vaste public, sans avoir à passer par les instances établies. Cela n’a jamais existé auparavant."

 

Cette interview a été menée par Pierre Vican de l'agence Oxxalys. Il m'a posé diverses questions sur le métier d'écrivain dont celle-ci : 

L’écrivain d’aujourd’hui doit donc se familiariser avec le marketing web et les réseaux sociaux. Est-ce suffisant pour réussir ?

Un certain nombre des compétences requises sont valables de tout temps. Un écrivain doit maîtriser parfaitement la langue française. C’est un ticket d’entrée non négociable. Certains auteurs m’envoient leur manuscrit à lire, pour avoir des conseils ou des avis. Quand je vois des fautes de grammaire ou d’orthographe trop fréquentes, je rejette ce manuscrit d’emblée en leur demandant en premier lieu de corriger cela. Si on ne maîtrise pas la langue, on ne peut pas se prétendre écrivain. Et à ma connaissance, les éditeurs refuseront de lire un manuscrit qui néglige la syntaxe, l’orthographe.

Après cela, il faut lire énormément. Il y a des milliers d’auteurs qui nous ont précédés et qui peuvent servir de modèle, que ce soit par leur style, leur façon de poser l’intrigue, de dépeindre les personnages… Lire, si possible, des auteurs très différents, c’est le mieux pour enrichir en permanence sa propre écriture. A mon sens, un artiste, quel que soit son domaine, qui ne cherche pas à découvrir ce que font les autres, ne peut que s’appauvrir à plus ou moins long terme.

Un écrivain doit aussi être curieux de tout, étudier énormément de choses, faire des expériences, parler avec énormément de gens. Personnellement, j’apprécie les livres où, en plus de l’intrigue elle-même, on découvre des informations rares sur un sujet donné. Un exemple : dans son livre Stupeur et tremblements et aussi dans d’autres, Amélie Nothomb nous a fait découvrir maints aspects de la civilisation japonaise que nous ignorions et cela a ajouté au plaisir de lecture.

Je recommande aussi de s’inscrire sur des forums d’auteurs. C’est un bon endroit pour échanger des tuyaux, partager des expériences. Sur mes pages, mais aussi dans mes livres, j’invite les lecteurs à m’écrire, ce qui est devenu ultra facile grâce aux emails. Qu’un lecteur ait aimé ou non votre livre, il y a toujours un enseignement à en tirer. Et le plus souvent, on récolte des informations ou un point de vue précieux.

Après cela, il me semble également essentiel de maîtriser les outils d’aujourd’hui : le web, la publication sur Amazon et ailleurs, YouTube, les logiciels comme Word, Photoshop, Final Cut (ou un autre logiciel de montage vidéo comme iMovie).

Ce sont des outils qui pourraient paraître impressionnants mais il n’a jamais été aussi facile de les maîtriser : on trouve toutes sortes de tutoriaux sur le web et sur YouTube.

L'interview intégrale est accessible ici :

https://www.oxxalis.com/interview-de-daniel-ichbiah/

 

Commentaires