Previous month:
juillet 2019

Le Monde m'a interviewé sur l'histoire de Tetris

Tetris-william-audureau

TetrisS'il est une histoire rocambolesque, c'est bien celle du jeu Tetris, né à Moscou en 1984 avant de conquérir la planète.

William Audureau, un (grand) auteur de livre sur l'Histoire des jeux vidéo a consacré un article à la retraite dorée dont profitent aujourd'hui Alexey Pajintov et son compère Henk Rogers, depuis qu'ils ont récupéré les droits de Tetris en 1996 - il a tout de même fallu attendre 10 ans avant qu'ils ne puissent en bénéficier, car durant cette première période, c'est l'état Russe qui a empoché en solo les titanesques profits tirés du jeu.

J'ai raconté cette histoire incroyable dans un livre dédié à l'histoire de Tétris et réalisé à partir de deux journées au cours desquelles Alexey Pajitnov est revenu sur l'épopée qu'il avait vécue.

L'article de William Audureau sur Tetris s'inscrit dans une série que le Monde publie durant l'été 2019 consacré au jeu vidéo soviétique : « Le bloc de l’Est à fond les manettes », une série en 6 épisodes

Sur le site de Le Monde, il se trouve à cette adresse :

https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/03/la-retraite-doree-de-tetris-jeu-video-sovietique-converti-au-capitalisme

Sur le site du journal, seul le début est accessible, l'article étant réservé aux abonnés. Voici cependant la version intégrale ici.

La retraite dorée de « Tetris », jeu vidéo soviétique converti au capitalisme

Par William Audureau

 

Le bloc de l’Est à fond les manettes (6/6). En 1984, Alexey Pajitnov créait le célèbre casse-tête dans un laboratoire national russe.

« Quand vous possédez une propriété intellectuelle, il faut la défendre contre ceux qui la transgressent. » C’est simple et direct. Henk Rogers est le cogérant des droits du célèbre jeu Tetris, et il assume sa raideur. En 2001, la Tetris Holding, société installée dans le Nevada, menace de poursuites un jeu trop similaire ; en 2007, elle attaque un site baptisé Tetris.us ; en 2012, elle poursuit les développeurs de Mino, une application clonant son concept. Défendre farouchement son droit de propriété est courant dans l’industrie du jeu vidéo, mais la Tetris Holding en a fait plus qu’une spécialité, un fonds de commerce.

Le siège de la société est un banal bâtiment de deux étages planté dans la banlieue de Las Vegas, sans la moindre enseigne. Sur LinkedIn, elle ne compte aucun employé. Elle refuse par ailleurs de communiquer ses effectifs comme son chiffre d’affaires. A la place, des chiffres génériques : 35 millions de jeux sur Game Boy, des utilisateurs dans 253 pays, plus d’un demi-milliard de téléchargements sur mobile…

« C’est un peu comme Apple Records avec les Beatles, compare Daniel Ichbiah, auteur d’Alexey Pajitnov : L’incroyable histoire du créateur de Tetris (Pix’n Love, 2016). Ils gèrent les droits et ne sortent rien d’autre, ils vivent sur un pactole. C’est leur tiroir-caisse. »

Né dans l’indifférence d’un laboratoire soviétique

Tetris porte un paradoxe : ce pur produit de l’époque soviétique est devenu la machine la plus capitaliste de l’industrie. Car avant de devenir le succès planétaire que l’on sait, Tetris est conçu dans la plus grande discrétion, au milieu des années 1980, à l’Académie des sciences de Moscou. Dans ce temple de la recherche soviétique, Alexey Pajitnov, un ingénieur âgé de 29 ans, féru de puzzles, bidouille à ses heures perdues une version informatique des pentaminos – jeu de réflexion d’assemblage de figures géométriques constituées de cinq carrés collés les uns aux autres.

Dans l’indifférence totale, il simplifie son logiciel en remplaçant les pentaminos par des tétraminos (quatre carrés), ajoute une fonction de génération aléatoire des pièces, encode la disparition des lignes formées par les blocs. La magie opère : le jeu plaît. Aidé de deux jeunes programmeurs, il l’adapte sur IBM PC. Tetris commence alors à circuler de manière informelle à Moscou, puis dans les grandes villes du bloc de l’Est.

C’est en Hongrie, à l’Institut de coordination des nouvelles technologies, que l’homme d’affaires Robert Stein fait sa découverte en 1986. « M. Stein a été tellement impressionné par le jeu, qui était graphiquement minimaliste mais d’une conception algorithmique sophistiquée, qu’il est remonté jusqu’à ses auteurs à Moscou »relate le New York Times en 1988. Il exporte les droits du jeu au Royaume-Uni. La carrière commerciale de Tetris est lancée, et les imbroglios avec elle.

Le plus grand succès commercial des années Gorbatchev

Depuis l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev, en 1985, l’URSS s’est lancée dans une double politique de libéralisation, politique et économique. « Ce qui est intéressant, c’est que Tetris matérialise le passage du communisme à l’économie de marché. Son histoire épouse celle de la perestroïka et de la glasnost. Un des acteurs de cette aventure me disait que sans Gorbatchev, Pajitnov aurait fini en prison », sourit Daniel Ichbiah.

La première version occidentale de « Tetris », signée de l’entreprise anglaise MirrorSoft, filiale du « Daily Mirror ». MIRRORSOFT

La commercialisation du jeu est prise en charge par Elorg, une agence gouvernementale gérant l’exportation des produits soviétiques. Improvisant avec leur faible culture du droit du commerce anglo-saxon, ses responsables, Sasha Alexeyenko puis Nikolai Belikov, se retrouvent à négocier avec de multiples acteurs anglais, américains ou encore japonais – chacun réclamant sa part du gâteau. « C’est l’époque où les Russes veulent faire du commerce avec les Etats-Unis, et ils apprennent extrêmement vite », souligne Daniel Ichbiah.

Un jeu pour renverser les préjugés de la guerre froide

Tetris devient autant un enjeu commercial qu’un outil de soft power, dans un contexte où l’URSS fait l’objet de stéréotypes accablants dans les productions occidentales. « Même si certains thèmes étaient plus ou moins bénins – vodka, bortsch, paysages russes enneigés – d’autres reflétaient des anxiétés culturelles profondément ancrées sur le lavage de cerveau et le contrôle de l’esprit, l’idéologie communiste comme menace du style de vie américain, et la perspective d’une guerre nucléaire », relève Dana Plank-Blasko dans une étude baptisée « From Russia with Fun !’: Tetris, Korobeiniki and the ludic Soviet ».

Avant « Tetris », les Russes étaient souvent caricaturés dans les jeux vidéo comme étant rustres et alcooliques, comme ici dans Super Punch-Out!!. NINTENDO

Le jeu vidéo devient dans les années 1980 le vecteur privilégié des stéréotypes sur le Russe musculeux et alcoolique – ainsi dans Super Punch-Out !! et Street Fighter II. Et le terrain d’expression le plus fertile des tensions entre les deux blocs – comme dans Missile Command, Communist Mutants From SpaceRaid over MoscowBalance of Power ou encore East vs. West.

Tetris, au contraire, chante la grandeur du peuple russe. Mirrorsoft, Atari, Spectrum Holobyte puis Nintendo, ses premiers éditeurs en Occident, prennent en effet soin de montrer des paysages typiques, des réussites scientifiques soviétiques, accompagnent les parties de musique traditionnelle russe, ou ornementent son nom de lettres en cyrillique (fussent-elles utilisées de travers, comme ce « Я » qui se lit en réalité « ia »).

« Tetris apparaît dès lors comme l’un des premiers jeux, si ce n’est le premier, à représenter l’Union soviétique sous un jour neutre – et même peut-être positif. Il s’agit d’une anomalie, au moins sur le marché du jeu vidéo américain », relève Dana Plank-Blasko.

En pleine ère Gorbatchev, « Tetris » devient l’ambassadeur de la « Russie cool ». SPECTRUM HOLOBYTE

Des royalties captées par l’URSS

Le 8 mai 1990, après une longue négociation avec les Russes, la marque Tetris est finalement déposée aux Etats-Unis par le japonais Nintendo. L’Occident plébiscite cette production originale. De 100 000 exemplaires pour sa première édition occidentale en 1987, elle passe à plus de 35 millions de cartouches Game Boy écoulées au début de la nouvelle décennie.

Pour Elorg, c’est le pactole. Nintendo a mis sur la table un demi-million de dollars de royalties, plus 50 cents sur chaque jeu vendu. Mais cet argent est entièrement capté par l’agence d’exportation, à qui Alexey Pajitnov a délégué les droits du jeu jusqu’en 1995.

La célèbre version Game Boy de « Tetris ». NINTENDO

Lui ne touche pas un kopeck dessus. « A cette époque, les Soviétiques ne reconnaissaient pas la validité de la propriété intellectuelle. Et ils ne reconnaissaient pas la validité du système légal américain », relate Henk Rogers, qui fut le négociateur de Nintendo auprès de Moscou.

Lutte pour les droits d’auteur

En 1991, alors que l’URSS s’effondre, Pajitnov émigre au pays de l’Oncle Sam. Pour l’ingénieur soviétique, c’est un choc culturel. Au salon des nouvelles technologies de Las Vegas – son premier contact avec les Etats-Unis –, il découvre le strass et l’abondance de la société américaine. A Seattle, où il s’établit en tant que concepteur de jeux, il découvre aussi l’envers du droit de propriété : il se fait voler son véhicule parce qu’il avait naïvement laissé sa voiture ouverte avec les clés dessus.

Dans les années 1990, Alexey Pajitnov épouse une carrière de créateur de jeux. En coulisses, il se bat pour récupérer les droits de « Tetris ». MICROSOFT

Désormais à bonne école, il a pour ambition de récupérer les droits sur son œuvre, Tetris. Au prix d’une négociation acharnée, menée par Henk Rogers, qui agite la menace d’un arbitrage par un tribunal américain, Elorg accepte finalement de céder 50 % des droits au duo Pajitnov-Rogers. Ecartant au passage Dimitri Pavlovski et Vadim Guerassimov, deux jeunes informaticiens autodidactes qui avaient permis à l’inventeur de porter Tetris sur IBM PC, contribuant à sa notoriété. « Guerassimov a été très mécontent à l’époque. C’est vrai qu’il a été le moteur avec l’adaptation sur IBM PC. Mais en 1986, n’importe qui aurait pu le programmer », minore Daniel Ichbiah.

La « Korobeïniki » désormais brevetée

En 1996, Alexey Pajitnov fonde avec Henk Rogers, son négociateur et désormais ami, deux entreprises sœurs : la Tetris Company de M. Rogers, qui gère les partenariats avec les entreprises tierces depuis Honolulu (Hawaï), et la Tetris Holding, qui capte les royalties depuis Las Vegas. A leur tête, la famille Rogers et T Management LLC, microentreprise à responsabilité limitée dirigée par M. Pajitnov. En 2006, elles absorbent Elorg.

« Alexey n’avait pas déposé de brevet sur le jeu original. Mais la Tetris Holding a plusieurs marques enregistrées aux Etats-Unis et possède quelques brevets, récemment octroyés, sur des détails comme les contrôles intelligents », explique Andrea Sausedo Piotraszewski, sa responsable communication. Elles portent toutes sur la marque Tetris. L’entreprise a même déposé les droits d’utilisation de la Korobeïniki – la célèbre chanson russe – dans un jeu vidéo ou électronique. Longtemps privé de roubles, le créateur de Tetris surveille désormais jalousement ses dollars.

Quant au choix du Nevada, il n’est pas tout à fait innocent. « C’est pratique pour que ses membres se rencontrent », assure Andrea Sausedo Piotraszewski. « C’est également un Etat très sympa au niveau fiscal, même si le Delaware est encore plus attractif », explique Daniel Ichbiah. Ô surprise, la Tetris Holding est également présente dans le Delaware.

William Audureau

 

La page que j'ai consacrée à l'histoire de Tetris se trouve ici : http://ichbiah.com/tetris.htm

 

 


Un témoignage apporté au service de référencement Ctrl-C

Temp2

Durant l'été 2017, j'ai été confronté, avec l'ancienne version de mon site à un gros souci : les positions de mes pages dans les résultats de Google déclinaient, jour après jour, de façon incompréhensible.

No1-sur-google-referencement-naturel

Le problème, c'est que je suis auteur du livre Comment être n°1 sur Google pour les Nuls et donc un spécialiste du référencement naturel.

A cette époque, je donnais énormément de Webinars (conférences en ligne) sur le sujet, comme celle-ci :

 

Et c'était tout de même ennuyeux : j'avais eu des pages qui arrivaient n°1 sur des requêtes telles que "elvis presley histoire", j'avais fait des captures d'écran que je projetais aux participants. Seulement voilà, je n'étais plus n°1, mais n°3, n°9 ou pire...

Que se passait-il ? Par bonheur, Jean-Charles Mathey de Ctrl-C a immédiatement perçu où était le problème. Mon site était en http:// c'est à dire non sécurisé. Alors que désormais, Google préconise le https://. Pendant de nombreuses années, cela n'avait eu aucune conséquence, et d'ailleurs c'est ce que je disais dans la toute première édition du livre (mise à jour depuis). Et puis soudaiment, Google a sévi. Et les sites en http:// ont perdu de leur superbe. Disons plutôt, de leur crédit auprès de Google.

Aussitôt dit aussitôt fait, j'ai changé de provider et rechargé toutes mes pages en https://. Et en quelques mois, j'ai récupéré mes positions n°1. Cela a donc permis de vérifier la force des techniques indiquées dans le livre, puisque, d'une certaine façon, j'ai dû repartir à zéro. Un exemple d'aujourd'hui sur une requête ultra concurrentielle telles que 'chanson madonna' ou 'chansons de madonna'.

Temp3

Voilà. Je vous raconte cette histoire plus en détail sur cette page du site de Ctrl-C :

https://ctrlc.fr/referencement-daniel-ichbiah-recommande-controle-c/

Si mon livre vous donne les clés pour référencer votre site, il se peut que vous manquiez de temps pour en appliquer les très nombreuses recettes. A défaut, faire appel à Ctrl-C serait une démarche judicieuse. Voici le lien vers le site de Ctrl-C.